2015

Festival passages

Retrouvez en détail la programmation du festival de cette édition, dans la plaquette téléchargeable et dans le dossier de presse ci-dessous !

la plaquettele dossier de presse

L'édito de Charles Tordjman :


Chic ! Passages aura bientôt vingt ans en mai 2015 !

Le désir est toujours premier. On reste fidèle à l’improvisation, accroc aux coups de coeur, adepte de l’intuition.

Créé en 1996 avec l’idée d’aller toujours à l’est (chute du mur de Berlin, guerre des Balkans obligeaient), en 2015, on a eu envie d’ouvrir, de frayer avec de nouveaux pays tout en revisitant notre diocèse, de traquer l’est à l’ouest. Et nous voilà partis pour la Havane, voir là-bas si l’est y était… Et là surprise ! Un mélange bien étrange d’est en ouest. Derrière les vitrines aussi vides que furent celles de Varsovie ou de Berlin, se pavanent les belles carrosseries américaines que la révolution n’a jamais mises au garage. Cuba est en perpétuelle interrogation, en plein mouvement. Théâtre, danse et chansons diront que Cuba retourne dans tous les sens les images que nous lui collons. Alors décidément : Cuba sí ! De la Havane nous voilà partis vers les USA où le jeune Twist de son prénom Basil redonne vie à une forme de théâtre japonais disparu. Ici c’est bien l’ouest qui va à la rencontre de l’extrême est. Passages aime se perdre dans toutes les directions. Nous voici à Téhéran où des acteurs jouent en persan Woyzeck l’une des pièces les plus mystérieuses du répertoire occidental. Parfois on ne nous croit pas quand on dit cela, qu’à Téhéran on peut ruser avec le pouvoir. Plus loin à l’est, à Hong-Kong, on retrouve notre ami chinois Yeung Faï. Il vient créer son nouveau spectacle à Passages, l’histoire des maisons de thé en Chine. Il était déjà venu en 2011. Passages aime la fidélité. Retour à l’est. À Vilnius nous croisons dix actrices-chanteuses qui font hommage aux caissières de supermarché. Comment le vocabulaire d’une caissière devient riche de vie. À Budapest, des hongrois travestis en femmes se moquent des monarques et des puissants. À Moscou, les Lilikans, un peuple de marionnettes pas plus grandes que trois pouces chantent et jouent Carmen et d’autres opéras devant trois ou six spectateurs, pas un de plus ! Les Lilikans, c’est le nom de ce peuple minuscule et chanteur qui s’installe place de la République pendant toute la durée du festival.

On nous demande parfois «Quelle est la langue parlée de ces théâtres?»

– Nous : «Originale!»

– «Donc des spectacles en V.O. ?»

– Nous : «Yes. With sur-titres si nécessaire».

Zenouba qui vit à Borny, parlera en trois langues : kabyle, français et italien, celles des trois pays de sa vie. En Israël nous avons croisé une division de chanteurs Klezmers, Oy ! Oy ! Ça c’est de l’est ! Passages aime ces musiques où le tempo donne envie de danser. Au cabaret planté au milieu de chapiteaux et de théâtres de bois et de toile, on va danser, on va guincher. Passages au mois de mai, c’est aussi le plaisir d’être assis à table ou bien debout sur ses jambes, prendre la parole lors d’un débat, écouter Radio-Passages, aller sur le site, feuilleter un livre ou le bulletin du festival. À la fin tout commencera par une déambulation sans parole où une foule annoncera qu’on ne peut pas faire taire le théâtre… Et que les temps d’aujourd’hui sont propices à l’affirmation de la plus totale liberté! Un cortège solidaire contre la bêtise ira de la place de la République vers TCRM Blida conduit par le Teatro Del Silencio, venu du Chili. Et puis… parce que les jours d’un festival sont chacun une belle journée, il y aura au coeur de la place un drôle de breton balkanique et son épouse gitane avec leurs caravanes et leurs baraques pleines de musiciens, de danseurs, de chanteurs, d’acteurs et d’animaux. Viennent-ils de l’ouest, de l’est, de la porte d’à côté? Ils viennent de partout comme la plupart des gens de France. Tous ceux-là, Cubains, Russes, Iraniens, Israéliens, Lituaniens, Chiliens, Français, Marocains, Américains, Russes et Chinois, vous les croiserez. Décidément du 7 au 16 mai, on se dira et se redira place de la République…

« Ici personne n’est étranger »

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